Note : ceci est un message qui a été soumis à la réunion du 21 octobre 2021 du Comité des Usagers Vélib' Métropole.
Bonjour.
À titre de témoignage à fournir à l’occasion de cette (semble-t-il) 12ème réunion du Comité des Usagers Vélib' Métropole du 21 octobre 2021, j’aimerais en apporter un ici que je me permets a priori de qualifier d’assez édifiant.
Il s’agit ici de détailler les défaillances de l’exploitant en matière de suivi du retrait des vélos défectueux dans les stations.
À cet effet, je me permets d’inclure, en pièce jointe, un document PDF de 8 pages montrant un cliché instantané, à la date du 17 octobre 2021, de tous les vélos immobilisés dans une même station depuis un temps supérieur à une semaine, lesquels me semblent donc raisonnablement pouvoir être présumés inutilisables. Cette liste est classée par ordre décroissant d’ancienneté de présence du vélo défectueux dans la station. On peut y constater qu’elle contient pas moins de 536 vélos.
Ce cliché est généré à partir d’une page web que j’ai créée moi-même (privative pour le moment) et que je peux réactualiser en temps réel, basée sur une analyse des données mises en ligne par l’exploitant concernant les vélos présents dans chaque station, données que j’ai capturées à intervalles réguliers et insérées dans une base de données afin de leur construire un historique dont le point de départ date du début du mois de juillet 2021.
Bien que j’aie pu vérifier que les données source contiennent beaucoup d’erreurs par rapport à ce qui peut être constaté sur le terrain, je pense qu’on peut considérer que celles-ci reflètent tout de même la réalité à hauteur de (estimation personnelle donnée à la louche) environ 80 %.
On y notera en particulier que la liste commence par plus d’une vingtaine de vélos bloqués depuis 109 jours, 14 heures et 48 minutes. Ceci correspond à l’ancienneté exacte de l’historique dont je dispose au moment du cliché, impliquant donc que ces vélos sont là depuis encore plus longtemps, voire même peut-être beaucoup plus longtemps.
Ce que j’ai du mal à comprendre, c’est que l’exploitant affirme visiter toutes les stations au
moins une fois par semaine.
Voir par exemple ces messages sur Twitter :
Je ne sais pas si c’est vrai ou pas, mais supposant que cela le soit, ce que je me demande, c’est en quoi consistent exactement ces « visites » ? Ne devrait-on pas s’attendre à ce que, à l’issue de chacune de celles-ci, chaque station visitée soit laissée complètement dégagée de tout vélo défectueux, et que chaque bornette y soit ensuite en parfait état d’utilisation (ou au moins bloquée, en attente de réparation) ?
J’attire votre attention sur le fait que le document que j’ai généré l’a été à partir de données de l’exploitant accessibles au public, lesquelles ne représentent certainement qu’une petite fraction des données que celui-ci a lui-même à sa propre disposition. Je ne vois donc aucune raison pour lesquelles il ne serait pas en mesure de générer lui-même une liste identique.
Est-il si compliqué que cela d’envoyer des agents dans chacune des stations de cette liste pour au moins en retirer les vélos abandonnés depuis plus d’une semaine ?
Si MOI, je peux produire informatiquement cette liste de vélos manifestement défaillants à partir des informations fragmentaires mises en ligne par l’exploitant, sans pourtant avoir aucun lien avec celui-ci, pourquoi est-ce que EUX, disposant des informations complètes qu’ils génèrent eux-mêmes, ne sont-ils pas capables de faire la même chose en vue de retirer plus rapidement les vélos les plus évidemment défaillants ?
Il y a un mois environ, j’avais signalé un de ces vélos (qui n’était alors « ancien » que d’environ 75 jours) dans une station voisine de chez moi, située juste à côté d’un marché. Peu de temps après, me rendant à ce même marché pour des raisons alimentaires, je tombe sur une intervention d’un agent à cette station, qui justement venait retirer ce vélo. Le vélo signalé a alors effectivement été retiré. Mais j’ai aussi constaté à ce moment-là qu’à la même station, il y avait un autre vélo immobilisé qui, lui, n’a pas été retiré. Ce vélo-là, je ne l’avais pas signalé, et il n’était là que depuis environ 15 jours.
Un ou deux jours plus tard, près d’une autre station, je tombe sur une autre équipe d’agents du même exploitant. Ceux-là étaient en train de faire le tour de la station pour inspecter les vélos. Parmi ces vélos, ils en ont repéré (au moins) un qui était défectueux, et je pouvais moi-même vérifier qu’il était là depuis pas mal de temps. Mais ils ne le retiraient pas. Je leur ai demandé pourquoi. Ils ont répondu qu’ils n’étaient pas là pour ça, ils s’occupaient juste de recenser les vélos défectueux en vue de les faire retirer par une autre équipe, et que leur véhicule n’était pas équipé pour transporter des vélos.
Autrement dit, si j’ai bien compris, pour que des vélos soient retirés (en dehors d’un signalement par utilisateur), il faut deux passages d’agents : un pour déterminer quels vélos sont défaillants, et une autre pour retirer les vélos signalés.
Et apparemment, lors des visites de retrait de vélos, l’exploitant ne se préoccupe de retirer QUE les vélos qui lui ont explicitement été signalés par des usagers (ou par des visites de contrôle occasionnelles), à l’exclusion de tout autre vélo qui devrait lui aussi être retiré, et qui pourrait se trouver au même endroit.
On est loin de l’idée qu’on aurait imaginé a priori de l’équipe technique qui arrive dans une station, en fait le ménage complet, et laisse derrière elle une station impeccable, comme si elle venait d’avoir été installée. Alors que cela semblait être beaucoup plus souvent le cas à l’époque de l’exploitant précédent.
Si c’est CE type d’intervention (recensement OU retrait partiel des seuls vélos signalés) que l’exploitant réalise, selon lui, au moins une fois par semaine dans chaque station, on peut comprendre aisément pourquoi il est si rare de trouver des stations dans lesquels tous les vélos présents sont réellement des vélos exploitables.
On peut certainement considérer qu’il est normal de demander aux usagers de signaler les vélos ABANDONNÉS hors station, en vue de leur récupération. Mais est-il normal de leur demander de signaler les vélos défaillants EN STATION alors même qu’une vraie visite hebdomadaire (périodicité déjà assez insuffisante) de nettoyage complet, couplée aux informations comme quoi un vélo n’a pas bougé depuis trop longtemps, leur permettrait de faire cela de leur propre chef ?
Encore une fois, les informations incluses dans le document joint ne reflètent sans doute la
réalité qu’à hauteur d’environ 80 %. Les principales erreurs, selon moi, sont à chercher parmi les
suivantes :
J’ai eu l’occasion de discuter avec un ancien employé de l’exploitant précédent, ayant aussi travaillé pour l’exploitant actuel au début de l’année 2018. Lui me disait que lors des interventions, la plupart des vélos étaient réparés sur place, et que très peu devaient être ramenés en atelier. Alors qu’avec le nouvelle exploitant, c’était l’inverse : peu de vélos (alors qu’il y travaillait) étaient réparés sur place, et la plupart étaient ramenés en atelier. Cela lui paraissait complètement aberrant, et il ne comprenait pas la raison de ce choix.
Et cela me parait faire énormément sens, à moi, pour expliquer le nombre de vélos non récupérés en station, considérant l’inefficacité évidente d’un rappel en atelier de vélos qui pourraient être dépannés sur place (ce qui nécessiterait les véhicules aient davantage d’outillage embarqué, j’imagine), et au vu du peu de vélos qu’un de leurs véhicules peut transporter jusqu'à l’un de leurs deux ateliers, en comparaison du nombre de vélos à traiter.
J’espère que ce témoignage pourra être utilisé pour qu’enfin, l’exploitant se décide à adopter une politique d’entretien plus efficace.
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